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La révocation de l'Edit de Nantes : protestants entre Terres et mer
 
Tous les moyens sont mis en oeuvre pour convertir les Protestants.
Promulgué en 1598, l'Edit de Nantes est à présent appliqué "à la rigueur", c'est à dire de la façon la plus restrictive. En 1628, l'exercice public du Culte protestant est interdit sur l'Ile-d'Oléron. En 1630, l'Ile-de-Ré est frappée par les mêmes mesures. En 1633 et 1640, celles-ci touchent les villes de Saujon et de Marennes, en Pays de Marennes-Oléron. En 1644, Arvert et Royan sont visées par l'interdiction royale. En 1658, Marsilly , au nord-ouest du Département, connaît à son tour ces restrictions. Les Pasteurs fuient leur paroisse. A La Rochelle 2200 Huguenots, établis depuis le Siège, sont condamnés à "vider la ville".

Les Réformés feront dans un premier temps l'objet d'une politique de corruption.
Une "Caisse des conversions" est ouverte. L'Eglise catholique et la Royauté en alimentent les fonds. L'argent doit permettre de "récompenser ceux qui se rendraient dociles".
En 1680, Demuin reçoit de Colbert l'ordre de s'informer "avec un grand secret et avec une grande précaution", des noms de tous les "ministres des Eglises dudit pays, de leurs talents, de leurs biens, du profit qu'ils tirent de leurs fonctions", et de "ceux qu'il seroit plus aysé de convertir".
Devant l'échec de cette entreprise, le Roi a recours à la force.

Un Dragon, soldat du Roi,
et un Huguenot
Persécutions : le temps des dragonnades
Les soldats de la monarchie, ou "missionnaires bottés", ont pour mission d'accélérer les conversions. En 1681, les Dragons sont logés comme en pays conquis chez les Huguenots. L'Histoire des Réformés de La Rochelle, publiée en 1688, le raconte :

Cette troupe étant partie de La Rochelle vint fondre à Surgères. Les logements furent faits chés eux seulement.
Les nouveaux hôtes avoient ordre d'y vivre à discrétion [..].
Ils jurerent et blasphemerent, ils outragerent de paroles et de coups. De nombreux religionnaires ont déjà rejoint la Hollande, l’Allemagne, l’Angleterre ou l’Amérique
En dépit des conversions, ces mesures d'autorité entraînent une émigration massive. Demuin, Intendant de Rochefort est révoqué, et des instructions sont données pour que les populations côtières fassent l'objet de moins de violences. De nouvelles interdictions sont publiées. Elles restreignent plus encore leur liberté, et les privent de l'exercice de leurs métiers.

La Révocation de l'Edit de Nantes vient parachever l'entreprise de destruction du Protestantisme.
Le 15 octobre 1685, Louis XIV, considère que "la meilleure et la plus grande partie" des Protestants "ont embrassé" le Catholicisme. Il révoque l'Edit de Nantes, jugé "inutile", et signe l'Edit de Fontainebleau.
Les Temples sont démolis, les assemblées interdites, les Protestants ne doivent plus sortir de France "sous peine pour les hommes des galères, et de confiscation de corps et de biens pour les femmes". "Les enfants qui naîtront de ceux de la RPR (*) seront baptisés par les curés et élevés dans la religion catholique". Seuls les Chefs protestants ont obligation de quitter le Royaume.

L'exode s'intensifie. Les Protestants qui cherchent refuge à l'étranger sont de plus en plus nombreux.
Les évasions passent de moins en moins inaperçues. Des mesures sont prises pour durcir la surveillance du littoral d'Aunis et de Saintonge. Le courrier est intercepté. Les passeurs sont arrêtés et condamnés. On recherche tous ceux qui pourraient donner asile aux fugitifs.
Les Réformés sont envoyés aux Galères, emprisonnés, enfermés dans les couvents ou à l'Hôpital général.


Les passagers d'une barque trop chargée, et immobilisée en Seudre, sont arrêtés :

"On a mis tous ces pauvres gens en prison et dans les fers. Ils y avoit vingt-cinq hommes, la plupart jeunes matelots et vingt-six femmes et filles avec deux enfants à la mamelle et une vieille de quatre-vingt ans".
 
Des récits font le décompte des bateaux qui quittent, chaque jour, les villes et les villages de la Charente-Maritime :
"La nuit précédente le 22 février 1687, il estoit parti trois barques de Mornac, une de Chaillevette et une autre de La Tremblade. [..] Une qu'on avoit fait sortir dés le soir de Brouage se défendit si bien qu'elle passa et se sauva, ayant blessé quelques soldats de la chalupe armée".

En bord de Seudre, le Pays royannais et le Pays de Marennes-Oléron se vident de leur population.

(*) Pour les Catholiques, la "Religion Prétendue Réformée".

Une Frégate rochelaise
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  Agrippa d'Aubigné
A. d'Aubigné est né en
1552, à Pons, en Pays
de la Haute-Saintonge
Il est le grand-père de
Madame de Maintenon.
Il a exprimé, par la
plume et par l'épée, la
colère, la souffrance et
la foi du militant
Protestant. Son talent
littéraire, critique et
poétique, sera mis au
service de ses
convictions politiques
et religieuses
 
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